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Rose des Sables~Desert Rose

Toutes les fleurs sont condamnées
A voir leur beauté se faner
A voir s’altérer leur parfum
Toutes les roses ont une fin
Sauf toi…. tu es impérissable
Toute en force, toute en finesse
Toi, fabuleuse Rose des sables
Ciselée par le souffle ardent
Du vent du sud qui te caresse
Noble en dehors et en dedans
Tu es beauté, tu es sagesse

Dans l’écrin ocre du désert
Ton courage est inégalable
Face aux soubresauts de colère
Du soleil brulant, implacable
Qui darde son feu sur la terre
Tes pétales, parfois élimés
Sont acérés comme des lames
La roche en toi est sublimée
Elle vit, elle lutte, elle a une âme
Elle semble parfois s’animer
Et onduler comme une flamme

Tu es fille du roc et du vent
Et ton immuable jeunesse
Défie les outrages du temps
Tu t’épanouis toujours, sans cesse
Tu grandis, forte, imperturbable
Chaque grain de sable te redresse
Et ton courage est admirable
Face aux coups du sort qui te blessent

Sous l’obscur manteau de la nuit
Tu laisses souvent couler tes pleurs
Avec tes larmes tu pétris
De nouveaux pétales à ton cœur
Et tu ériges sans faire de bruit
Autour de toi un champ de fleurs
Sublimes, vaillantes, inébranlables
Ce sont tes filles, ce sont tes sœurs

Emblème de la persévérance
Tu luttes sans chercher la gloire
Contre le sable, son inconstance
Tu engranges en toi la mémoire
Du sol ou tes racines plongent
De la terre qui forge ton âme
Du ciel qui nourrit tes songes
Tu es force, dévouement et charme
Et pour moi tu es l’oriflamme,
Le plus beau symbole de… la FEMME.

Alexander Hakman

Je t’aime jusqu’au cri~A love poem video

I was inspired to create this film by Alexander’s love poem “Je t’aime jusqu’au cri”.

L’amour peut prendre tant de formes et s’exprimer de mille et une manières. Il n’est donc pas question de limiter ce sentiment si multiple, si incommensurable, si indéfinissable à une histoire unique quelle qu’elle soit.
L’amour ne s’explique pas, ne s’analyse pas, il se vit. Il est la vie. C’est une mystérieuse alchimie qui permet la fusion de deux âmes, deux esprits, deux cœurs, deux corps ; une symbiose qui échappe à la logique étriquée des humains, transcende leur raison si imparfaite et tend vers le divin qui est en chacun de nous.
L’amour est un don de soi à l’autre qui se donne aussi à nous. Un don réciproque inconditionnel qui nous permet d’atteindre ensemble la complétude.
L’amour vrai est rare. Il est souvent confondu avec le désir ou l’amour de soi. Si le monde va si mal c’est qu’il manque d’amour. Seul l’amour pourrait permettre de remplacer « le partage du monde » qui désunit les hommes en « un monde du partage » où chacun donne et reçoit ce qu’il y a de meilleur en lui : l’AMOUR.

Sophie et Alexander

Music “Silver Eyes” by Ashram
Poem “Je t’aime jusqu’au cri” by Alexander Hakman
Traduction from French by LeScintilla
Poem read by Lescintilla

Je t’aime jusqu’au cri

Je t’ai aimée contre moi-même
Enchaîné à ton être, dans un mélange d’inquiétude et de vertige
Je ne voulais pas dire « je t’aime »
De peur de te voir disparaitre comme la feuille arrachée à la tige
Pourtant je t’aime jusqu’au cri
Jusqu’à la perte de mon souffle chaque fois que tu t’éloignes et que l’air se raréfie

Je t’ai aimée caché derrière les tentures de la nuit
Mon regard d’enfant attaché à tes pas
Mes yeux buvaient les mots que tu ne me disais pas
Tes mots…… que dessinait dans les volutes de l’ombre
La lumière émanant de toi
Tes mots …. Comme des étoiles altières
Jaillissant de la nuit sombre pour éclairer ma voie
Tes mots…. que tu semais de page en page
Dans le livre de nos destins….
Et je mettais mon cœur en cage
Pour qu’il ne suive pas ton chemin
Mais….. Mon cœur est indépendant
Il danse avec tes mots si doux et si puissants ,
s’accroche à ses rêves, naissants
Et veut te parler au présent
Il te dit :

Je t’aime…. comme on aime un songe accroché aux rayons de lune
Je t’aime…. comme on aime la source sur la pente ondulée des dunes
Je t’aime…. comme l’aigle majestueux aime planer et vivre libre
Je t’aime…. avec force et passion… comme seuls savent aimer les tigres

Et même si l’avenir n’est jamais sûr, moi je veux t’aimer au futur
Je t’aimerai Jusqu’à mes espoirs frémissants d’impatience.
Je t’aimerai jusqu’à toi, jusqu’à l’énigme de tes silences
Je t’aimerai jusqu’au manque désespéré psalmodiant ton absence,
Jusqu’à l’aveu fragile d’un invisible secret.
Je t’aimerai……………

Alexander Hakman

Translation by Sophie

I’ve loved you despite myself
Entwined with your being, in a swirl of disquiet and dizziness
I didn’t want to say, “I love you”
Out of fear of seeing you disappear like a leaf wrenched from its stem
Nevertheless, I love you until my heart screams
Until I lose my breath each time you distance yourself and leave a void

I have loved you hidden behind the curtains of night
My childish glances followed your every step
My eyes drank the words you would not speak to me
Your words. . . that the light emanating from you wrote on the scrolls of shadows
Your words . . . like fiery stars
Shooting from the dark night to light my way
Your words . . . that you sowed from page to page
In the book of our destinies
And I locked my heart away
So it could not follow your path
But . . . my heart is rebellious
It dances with your words, so soft and so powerful
Clings to its emerging dreams
And today, it wants to speak to you
I love you as one loves a dream hung from moonbeams
I love you as one loves a spring on the rippled slopes of dunes
I love you like the majestic eagle loves to soar and be free
I love you with strength and passion as only tigers know to love

And even if the future is unsure, I want to love you forever
I will love you with all my hope, quivering with impatience
I will love you to the depths of your soul, to the enigma of your silence
I will love you until the desperate need to chant your absence,
Until the fragile confession of an invisible secret

I will love you…..

 

Je t’aime jusqu’au cri

Je t’ai aimée contre moi-même
Enchaîné à ton être, dans un mélange d’inquiétude et de vertige
Je ne voulais pas dire « je t’aime »
De peur de te voir disparaitre comme la feuille arrachée à la tige
Pourtant je t’aime jusqu’au cri
Jusqu’à la perte de mon souffle chaque fois que tu t’éloignes et que l’air se raréfie

Je t’ai aimée caché derrière les tentures de la nuit
Mon regard d’enfant attaché à tes pas
Mes yeux buvaient les mots que tu ne me disais pas
Tes mots…… que dessinait dans les volutes de l’ombre
La lumière émanant de toi
Tes mots …. Comme des étoiles altières
Jaillissant de la nuit sombre pour éclairer ma voie
Tes mots…. que tu semais de page en page
Dans le livre de nos destins….
Et je mettais mon cœur en cage
Pour qu’il ne suive pas ton chemin
Mais….. Mon cœur est indépendant
Il danse avec tes mots si doux et si puissants ,
s’accroche à ses rêves, naissants
Et veut te parler au présent
Il te dit :

Je t’aime…. comme on aime un songe accroché aux rayons de lune
Je t’aime…. comme on aime la source sur la pente ondulée des dunes
Je t’aime…. comme l’aigle majestueux aime planer et vivre libre
Je t’aime…. avec force et passion… comme seuls savent aimer les tigres

Et même si l’avenir n’est jamais sûr, moi je veux t’aimer au futur
Je t’aimerai Jusqu’à mes espoirs frémissants d’impatience.
Je t’aimerai jusqu’à toi, jusqu’à l’énigme de tes silences
Je t’aimerai jusqu’au manque désespéré psalmodiant ton absence,
Jusqu’à l’aveu fragile d’un invisible secret.
Je t’aimerai……………

Alexander Hakman

Magical Winter~Féérie Hivernale

This video was inspired by Alexander’s poem “Féerie Hivernale”

The music in this video is by Two Steps From Hell from their album Nero (2011).Thomas J. Bergersen is the co-founder of a trailer music production company called Two Steps From Hell and has written music for several high profile trailers.

Official website: http://www.twostepsfromhell.com/index-home.php#

I decided to feature the Monarch butterfly (Danaus plexippus) throughout my seasonal videos. In this film, at 0.03-0.05, you can see them in semi-dormancy, clinging to Oyamel trees sheltered high in the mountains awaiting spring.

I asked my friend Gil to write the following:
Each year, millions of monarch butterflies complete the longest and greatest insect migration on earth. For every third or fourth generation of monarch butterflies that summer in Canada and in the U.S. east of the Rocky Mountains, their winter destination are small mountain forests in Central Mexico. Astonishingly, the monarchs that start their journey south in the summer and arrive at their overwinter grounds have never been there before.

At their winter sites, monarchs cluster among endangered oyamel fir trees and hang motionless in semi-dormancy. Tens of thousands can huddle and cling on a single tree where their combined mass can sometimes break the branches. Down in the villages, the return of the monarchs holds mystical significance. Their return coincides with the Mexican Celebration, “The Day of the Dead.” At cemeteries, Villagers gather with incense and candles to welcome the souls of their departed relatives. Many believe that the spirit of their loved ones return on the wings of the monarch butterflies.

For more information on this amazing journey -http://www.youtube.com/watch?v=rG5PAzrpZ6k
For more amazing butterfly videos -http://www.youtube.com/user/ButterflyTube1?feature=mhee

Gil Quintanilla (ButterflyTube1)

“Butterflies are excellent indicators of the health of our environment…if we ensure the survival of monarchs and their habitat, we also protect the destiny of our own existence.”

Féérie Hivernale

On ne lui rend pas raison
En l’appelant “morte saison”
Dans le cycle des solstices
L’hiver est un mal aimé
On ne lui rend pas justice
Car il n’offre point de roses
Pourtant quand il entre en lice
C’est la terre qui se repose

la nature entre en sommeil
Elle a besoin de silence
Pour mettre au jour les merveilles
Des saisons de l’abondance
La pluie la rend plus féconde
Et les flocons la caressent
Même le tonnerre qui gronde
Lui fait part de sa tendresse
Elle s’offre dans la nuit profonde
Au vent d’hiver qui la berce

La grêle que la vigne honnit
A ceux qui voient comme un don
Tout ce que Gaia nous fournit
Semble être une pluie de bonbons
La campagne s’habille de blanc
Pour fêter l’enfant divin
Les bougies sculptent leurs flancs
Et font briller les sapins
Leur flammes rendent plus brillants
Les reflets rubis du vin

Mais si dans l’âtre le feu dance
Sa chaleur pourrait rester vaine
Si nous manquons de l’assurance
Que prodigue la chaleur humaine
Ayons donc tous une étincelle
Au fond du coeur, dans un sourire
Une main tendue, un mot de miel
Que chacun de nous peut offrir

Alexander Hakman

La dispute

Elle est encore plus belle
Quand elle est en colère
Et sa voix me révèle
Ce que ses mots veulent taire
Elle a peur de l’avenir
Je la sens qui chavire
Pourtant je la vénère
Et mon cœur se déchire
Mais je suis bien trop fier
Pour montrer ma détresse,
Face à ses mots qui blessent
Je refuse la défaite
Je plonge dans ses yeux
J’en ressors clair et net
Puis son regard de feu
Me fait perdre la tête
M’attire et me rejette
Puis me replonge encore
Au cœur d’une tempête
D’éclairs d’émeraude et d’or
Par son regard aimant
Elle libère mon être
Et dans le firmament
Elle m’ouvre des fenêtres

Alexander Hakman

Les maux des mots

On écoute les mots dire
Ce que l’on veut entendre
Les mots tendres
Qui s’égarent
Se font rares
On les entend prédire
L’amour et le désir
Ce que l’on aimerait croire
On voudrait les maudire
Car on sait, le mot ment
Face au temps
Il renie ses serments
Il dit « haine »
Alors même qu’il vénère
Se déchaine
Et demain va maudire les moments
Qu’aujourd’hui il espère
Car le mot est mouvant
Il est ombre et lumière
Si souvent émouvant
Il change de repères
Le mot erre

S’il sait se faire intense
Le mot lasse
Le mot s’use
Et cesse d’avoir un sens
Pour garder sa puissance
Le mot ruse
Se redresse
Et nous grise de promesses
On connait la douceur
Des mots quêtes
Qui recherchent l’âme sœur
Tous ces mots de poètes
Ces mots cœurs si habiles
Qu’ils nous leurrent
Puis deviennent des mots biles
Qui écœurent
Des mots nourris de haine, de rancœur
Des mots cris de moqueurs
Des mots crus
Mots de rues
Des mots mis en colère
qui se cabrent et qui ruent
Ces mots râlent
Et lacèrent
La morale

Comme le sang les mots filent
Se vident de leur essence
Ils deviennent des mots creux
Cèdent la place au silence
On se fait sourds aux mots
À leurs maux
Aux morsures
Des mots durs
Qui blessent et parfois tuent
Des mots d’esprits obtus
Acariâtres et aigris
Des mots laids
Que des âmes sombres crient
En chevauchant leur balai

Mais comment résister
Même en homme averti
Aux mots d’Elle
Ardents et sensuels
Comme des diamants sertis
Si précieux, si réels
Des mots fous
Que je cueille sur sa bouche
Des mots doux
Qui me touchent
Des mots rares
Que chuchote son regard
Des mots denses
Qui m’entrainent dans la danse
Que sa peau me dédie
Tous ces mots qu’elle me dit
Qui guérissent toute plaie
Ces mots clés
Si magiques et si forts
Qu’ils ouvrent le paradis
À mon âme et mon corps

Alexander Hakman

Minuit…

Minuit … heure du mystère
Indécise, éphémère
Heure qui échappe au temps
Tant elle est irréelle
Insaisissable instant
Qui déployant ses ailes
S’envole vers demain en s’évadant d hier

Minuit … moment mythique
Heure aux vertus magiques
Qui réveille les démons
Et inspire aux poètes
D’incompatibles ponts
Entre abandons et quêtes
Et d’improbables voies vers des amours mystiques

Minuit… heure qui nous laisse
Entre mort et naissance,
Instant où tout commence
Au moment où tout cesse
Eclair insaisissable
Qui ignore le présent et se rit du durable

Minuit… déjà passée
Et encore à venir
Demeure embarrassée
Entre naitre et mourir
Et fais de tous nos rêves de brumeux souvenirs

Alexander Hakman

L’odyssée des sens

 

Porté par nos désirs intenses
Le fier voilier de nos sens
Vers le grand large s’élance
Toutes voiles dehors
Il quitte le port
Chevauchant les flots
Entre cimes et creux,
Il pourfend l’eau
Alors qu’en son sein
Il abrite un feu
D’où jaillissent des flammes
À fondre l’airain
Il tangue et bondit
Et se joue des lames
Et sous ses caresses
Les vagues se pâment
Et se précipitent
Sur ses flancs offerts
Il fonce plus vite
Réglant sa cadence
Sur celle de la mer
Gagné par la transe
Qui agite la houle
Les vagues s’enroulent
Déferlent et secouent
Son mat qui se cabre
Et fend comme un sabre
L’onde gémissante
Sous l’assaut des coups
D’une passion ardente
Dont il est la proie
Dans les convulsions
D’une danse fusion
Le rythme le ploie
Le raidit, le tort
Symphonie, accords
Font vibrer son corps
De plus en plus fort
Son souffle s’emballe
Et il perd le nord
Le feu le dévore
Lui impose sa loi
L’onde le submerge,
Le bouscule, le noie
Ses assauts le broient
Elle l’entraine au large
En pleine tempête
Le voilier chavire
Ses voiles se déchirent
Et ses spasmes annoncent
la fin de la quête
Eros sonne la charge
Et vient en renfort
S’empare de l’esquif
Tends tous ses ressorts
Un temps il se fige
Puis il se rebiffe
Rugit, le soulève
Extase et vertige
Plus haut et plus fort
Et enfin l’achève
Dans un cri, un râle
Ses yeux se révulsent
Son regard se voile
Et il le propulse
Droit vers les étoiles

Alexander Hakman

Le « capital-image » ou le diktat des apparences

Par Alexander Hakman

Nous sommes tous prisonniers en corps et encore prisonnier de ce corps qui souvent occulte ce que nous sommes en focalisant notre attention et celle des autres sur lui et en orientant notre perception de notre identité et de celles d’autrui. Le corps sous le regard de l’autre devient une sorte de prison qui réduit considérablement notre champ d’action.

En effet, pris dans des réseaux de possession enchevêtrés le corps est un instrument réel et symbolique à travers lequel peuvent s’exercer toutes les coercitions : religieuses, psychologique, idéologiques, sociales…. Selon la communauté considérée, il est alors proscrit, occulté voire diabolisé et condamné à l’annulation symbolique ou au contraire écrit, décrit, surexposé, surmédiatisé, imposant une sorte de diktat de l’apparence.

Il se trouve que dans les deux cas il devient un centre d’intérêt au détriment de l’esprit. Un corps ancre qui immobilise la pensée en la fixant sur la seule apparence. Notre image extérieure focalise alors l’attention au point d’occulter notre moi invisible, celui qui fait de chacun de nous un être unique. Cette attention sélective est très réductrice en ce sens qu’elle gomme le moi interne, profond, en le réduisant à l’état d’objet. Il est alors assimilé à la taille, au poids, à la couleur de la peau ou des yeux, etc., autrement dit à l’apparence extérieure. Il en résulte une catégorisation des individus basée sur des critères arbitraires parce que subjectifs. En effet, selon les stéréotypes assimilés par l’imaginaire collectif et le plus souvent imposés par les médias de masses, on peut être catalogué comme fort ou faible, bon ou méchant, intelligent ou stupide…
Ainsi la beauté (telle qu’elle est définie par des critères locaux ou par les médias qui tentent d’imposer un moule universel) est bien souvent assimilée à la bêtise, une « Barbie girl » ou un « beau gosse », dans leur sens le plus réducteur, ne peuvent être que stupides selon le stéréotype dominant. A l’inverse, la laideur (toujours dans un sens relatif) est bien souvent associée à l’intelligence et/ou à la méchanceté.

Dans certaines communautés, le corps, notamment celui de la femme, est diabolisé, confiné dans les ghettos du silence, dépossédé de sa propre image, exclu de la sphère de la parole publique et réduit à être un corps en cris intériorisés, refoulés, ravalés, révélés seulement par l’implicite et les non-dits. Le corps est en effet un vecteur sémantique et il s’exprime même lorsqu’il est « bâillonné ». Il se met en scène donc en sens dès qu’il occupe l’espace, bouge, regarde, touche, sent, goute, se révélant de ce fait à un œil averti. Cette mise en scène et en signes du corps dévoile toujours une partie du « moi », une présence : un corps en accord ou en conflit avec le monde qui l’entoure.
Le message non verbal du corps est souvent d’une forte densité et nécessite une attention soutenue pour être saisi dans sa globalité. Ainsi l’anthropologue américain Ray L. Birdwhistell a démontré que plus de 67% de l’information sur notre interlocuteur nous parvient par le biais du non-verbal (apparence, code vestimentaire, gestuelle, postures, mimiques, voix…)
C’est pour cela que dans le monde surmédiatisé qui s’impose à chacun de nous « le capital-image » est souvent aussi important que le capital tout court. Il peut ouvrir ou fermer des portes, favoriser des personnes et/ou des entreprises, ou au contraire ralentir leur élan voire le briser net.
Les spécialistes en image et en management sont quasi-unanimes : 50% de l’opinion que l’on se fait d’une personne résulte de la première impression et 40% sont engendrés par le non verbal (geste, mimiques, voix, postures — kinésie -, occupation de l’espace – proxémie -, et bien sûr aspect physique incluant la tenue vestimentaire qui, selon les domaines d’intervention, peut être extrêmement codifiée). Il en ressort donc que seul 10% peuvent être attribués au contenu explicite des messages verbalement exprimés par cette personne.

Tous les personnages publics, ceux que l’on nomme communément les « peoples » : hommes politiques, stars du sport ou du show bisness, hommes d’affaires etc., sont actuellement conscients de la nécessité de soigner leur image, leur look pour dire autrement, faute de quoi ils verront leurs projets échouer les uns après les autres. Les conseillers en images ont donc de beaux jours devant eux ainsi bien sûr que ceux qui proposent de nous relooker afin d’optimiser notre capital-image et qui nous imposent par la même marques et logos de leur choix, des « must have » présupposant toujours le « must be ».

Cette approche est juste une tentative d’amorcer un dialogue sur cette question clé du XXIéme siècle qui prend de l’ampleur avec l’explosion des nouvelles technologies de la communication. Je ne prétends donc pas présenter ici une analyse exhaustive d’un domaine aussi vaste que celui de la communication non-verbale et de son impact sur les relations entre individus et entre communautés.

On dit que « l’habit ne fais pas le moine » je crois pour ma part que l’interprétation de cet adage doit désormais se faire avec précaution. Qui parmi vous est certain de pouvoir totalement échapper au diktat de l’apparence ? Votre avis m’intéresse.